A partir du moment où les bibliothèques sont des établissements culturels recevant du public, le plus sûr moyen, pour elles, de prospérer est d’inventer chaque matin de quoi satisfaire ce public, sans s’enfermer dans un concept a priori de leurs “missions”. Le parallèle avec l’univers de la distribution m’a toujours semblé éclairant: l’offre et les services y évoluent sans cesse, au point, parfois, qu’il est difficile de reconnaître le magasin à quelques années d’intervalle. Transposée dans le domaine des bibliothèques cette logique peut signifier une très grande plasticité de l’offre et des compétences mises en oeuvre. Ce qui en assure l’identité et la continuité c’est, alors, un mode de fonctionnement centré sur la médiation des connaissances et une inscription dans le territoire privilégiant la proximité et l’accueil de tous tout au long de la vie. C’est aussi, je l’ai dit, l’indispensable présence tutélaire des livres qui, sans être exclusive, induit un certain style de rapport au savoir et au monde valorisant l’autonomie de l’individu.
en el blog de Patrick Bazin